PC, Poitou-Charentes

Poitou-Charentes

Pour réintégrer les jeunes exclus de la République

mercredi 27 mars 2013 / libellé : Engagements par Marc GUSTAVE

Tribune signée par les Petits Débrouillards et l’AFEV sur Médiaparte


« A la question de l’emploi et de l’insertion des jeunes par l’économique », Thibault Renaudin, de l’Association de la fondation étudiante pour la ville, et François Deroo, de l’Association française des petits débrouillards, proposent « l’insertion économique et sociale par les jeunes », en formant, requalifiant et employant ceux qui sortent du système. Pour remettre l’ascenseur social en route, la fraternité, le partage et la coopération doivent se substituer à la vision du seul élitisme républicain, plaident-ils.

L’égalité des réussites comme remède à nos crises...

Notre idéal républicain s’effrite, créant des territoires où la République n’est plus fertile, n’offrant plus à une partie de nos concitoyens que le choix entre un libéralisme à visage inhumain et de nouvelles formes d’aristocratie, voire d’oligarchie.

Le nombre de jeunes diplômés augmente plus rapidement dans les villes où leur taux était déjà fort, et stagne ou diminue là où leur taux était préalablement le plus faible. Nous savons que les enfants ont très largement la même trajectoire que leurs parents. L’enquête internationale PISA montre que la France occupe la première place de l’OCDE quant à l’inégalité devant l’école entre élèves issus des classes populaires et ceux issus des classes plus favorisées.

Aucune démocratie ne devrait se le permettre, sous peine de saborder les piliers de sa légitimité et cette situation ne peut être tolérée au nom des idéaux de notre République !

L’incapacité des responsables politiques et des corps intermédiaires à prendre les décisions nécessaires en est la cause, car elles supposent de reformuler les questions, de changer de paradigme.

La première de ces questions concerne l’inégalité devant l’éducation, comme l’ont fait les Allemands à la lecture des premiers résultats PISA, bannissant la notation, le classement, le redoublement et la seule évaluation sur les savoirs académiques : ils suivaient les pas des Finlandais qui l’avaient opéré avant eux, laissant sortir aujourd’hui 6% d’une classe d’âge de leur système éducatif sans qualification contre près de 20% chez nous.

Il nous faut sortir du mode de sélection traditionnel, de la standardisation des tests de connaissance et du conformisme pédagogique qui se satisfait de faire réussir celles et ceux qui vont de toute manière réussir !

Il faut aussi (re)penser l’éducation tout au long de la vie, non uniquement centrée sur l’Ecole, en s’appuyant sur toutes les communautés éducatives pour créer de véritables parcours éducatifs individuels et des stratégies de réussites territoriales collectives.

À cette inégalité face à l’éducation vient s’ajouter l’inégalité devant le travail.

La tertiarisation de l’économie, source principale de croissance possible dans des zones fragiles, ne peut se développer qu’avec une main d’œuvre de plus en plus diplômée et qualifiée. Or nous constatons que, chaque année, le système éducatif exclut près de 150 000 de nos jeunes qui sortent sans qualification et qu’en même temps plus du tiers des diplômés (250 000) sortant de l’enseignement supérieur sont sous-employés ou au chômage, ce qui constitue un inadmissible gaspillage social.

Il y a pourtant de vraies niches d’emploi dans ce que nous appelons « les métiers de la transition », basées sur l’innovation sociale, permettant de créer les emplois hautement qualifiés pour inventer, accompagner et rendre possible une société plus économe en ressources, plus rationnelle en consommation et intelligente en vie collective.

Notre société n’aura d’autre choix que de nourrir sa résilience, son degré de confiance et de cohésion interne, et c’est bien l’économie sociale et solidaire qui pourra relever ces défis. Mais force est de constater que son soutien par les pouvoirs publics est très largement insuffisant !

Alors comment remettre l’ascenseur social en route ?

Tout d’abord en sortant de la vision du seul élitisme républicain en remettant la fraternité, le partage et la coopération au cœur des institutions.

Dans une France plongée dans la mondialisation et la crise écologique dont les symptômes sont financiers, économiques et les coûts sont sociaux, seules les coopérations permettront d’imaginer un autre monde, un avenir partagé, donc de placer tout un chacun dans un état d’esprit et un environnement propices à trouver les solutions aux transitions inéluctables puisque bénéficiant à soi même ainsi qu’à la collectivité.

À la question de l’égalité des chances, nous répondons l’égalité des réussites !

L’égalité des chances étant embourbée devant l’incapacité collective à changer la donne et à cesser de reproduire et même d’aggraver les inégalités préexistantes, l’égalité des réussites affichée comme un objectif majeur de la République permettrait seulement de renouer avec une méritocratie plus collective et mieux partagée.

À la question de l’emploi et de l’insertion des jeunes par l’économique, nous proposons l’insertion économique et sociale par les jeunes, en formant, requalifiant et employant des centaines de milliers de jeunes qui sortent mécaniquement du système.

À la question de la refondation de l’Ecole, nous désirons la refondation de l’éducation : publique, laïque et républicaine accessible à tous et à tout moment de la vie.

Rester centré sur la seule École a comme conséquence de nous enliser dans un débat stérile, oubliant que les futurs citoyens se fabriquent aussi largement en dehors de l’Ecole, déqualifiant les autres communautés éducatives.

Pour passer à cette société de la connaissance tellement désirée, il faut faire appel aux connaissances de toute la société, à commencer par placer la confiance dans toutes ses jeunesses.

Ces jeunesses et particulièrement celle des quartiers populaires ont soif d’une République qui sache leur laisser la place qu’elle doivent logiquement occuper à égalité de droits et de dignité.

Nos deux réseaux nationaux impliqués dans les quartiers populaires œuvrent dans ce sens, nous attendons maintenant des politiques publiques et particulièrement de ce gouvernement des réponses fortes et rapides pour inverser la tendance, les constats sont connus ainsi que les solutions, les changements doivent maintenant s’opérer !

Thibault Renaudin, secrétaire général de l’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev) François Deroo, directeur de l’Association française des petits débrouillards

Source : Médiapart

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